Mon expérience des couches lavables

Une expérience pas si périlleuse !

Grossesse : pourquoi tout le monde donne son avis ?

La première grossesse est aussi un passage dans un monde obscur, un enchevêtrement de termes et de concepts nébuleux, de conseils U-NI-VER-SELS prodigués par des parents, des grands-parents, la connaissance éloignée sage-femme du cousin de la femme du voisin. Quelle est la différence entre une turbulette et une gigoteuse ? Faut-il laisser pleurer un bébé ? La couche lavable est l’une des nombreuses résolutions du parent bien intentionné, sur laquelle tout le monde a son avis, surtout ceux qui n’ont jamais vu une couche lavable de leur vie.

Mais le concept de couche qui puisse être lavable m’avait toujours séduite, au fond de moi, alors que j’étais loin de savoir à quoi ça ressemblait – tout autant qu’une couche jetable. L’idée d’un tissu tout doux recouvrant les fesses d’un bébé m’enchantait davantage que la couche jetable, que je voyais comme une serviette hygiénique en plastique dégueulasse.

Futur papa et moi nous sommes renseignés chacun de notre côté. Nos motivations étaient différentes. Petit tableau de budget, avis sur Internet, nous avons récolté et compilé toutes les informations que nous avons trouvées sur l’étendue de l’Internet.

Pour le futur papa :

  • Les couches lavables ont moins d’impact sur le bien-être du bébé (zéro perturbateur endocrinien)
  • Le lien entre propreté et couche lavable n’est pas démontré, mais les parents ont tendance à penser/dire que les couches lavables ont un impact sur la propreté de l’enfant (le bébé « sentant » davantage son pipi, son désir de propreté vient plus tôt)

Pour moi :

  • D’après l’Internet, les couches lavables sentent moins que les couches jetables (aussi fou que cela puisse paraître… et je peux aussi vous assurer aujourd’hui que c’est vrai)
  • Il faut 200 ans à une couche jetable pour se détruire complètement, merci l’impact de notre enfant sur l’environnement

Néanmoins, deux choses me bloquaient :

  • L’investissement de base est trop élevé : entre 850€ et 2 000€ – comme nous n’étions pas sûrs de notre choix et prêts à le remettre en question (si cela se passait aussi mal que tous les retours des non-utilisateurs ou utilisateurs d’un jour), c’était trop élevé à mes yeux
  • Les designs que je voyais souvent étaient moches – le vert pomme ou le jaune poussin, merci mais non

J’ai alors découvert la Fluff Love University. Et les couches chinoises, qui répondaient à mes deux freins.

Premiers pas : ne pas perdre espoir

Les premiers temps avec un enfant sont particulièrement périlleux. Si certains parents équipent leur enfant d’une couche lavable dès l’expulsion de l’utérus, nous avons mis un mois et demi pour être à 100% en couches lavables.

Nous nous sommes équipés ainsi :

  • Une dizaine de new born TE2 (Happy Flute)
  • Des langes noués Disana et des shortys en laine
  • Des TE1 en taille unique (Elinfant, AlvaBaby)

J’ai aussi récupéré des couches moulées classiques, que j’ai revendues car elles ne correspondaient pas tout à fait à mes attentes.

Dès la première utilisation, j’ai imposé des voiles jetables. Manipuler des couches pleines de cadeaux de nourrisson, c’était au-dessus de mes forces. Nous ne sommes jamais revenus sur la question, les voiles se lavent très bien en machine lorsqu’ils ne reçoivent que du pipi.

Nous avons trouvé une nounou qui connaissait bien les couches lavables.

À défaut des deux crèches de notre commune qui les refusaient.

Nous avons répondu aux nombreuses interrogations de nos proches sur la question, nous avons fait des démonstrations et nous avons plusieurs fois collé l’intérieur d’une couche propre au nez de nos grands-mères pour leur montrer que ça ne sentait absolument rien.

Nous avons rencontré plusieurs problèmes lors des premiers mois :

  • Élastiques sales : notre bébé n’étant pas allaité, les selles ne sont pas hydrosolubles. Elles se collaient souvent dans les élastiques. La solution : sortir les couches entre les deux cycles et frotter les élastiques (opération qui n’a duré que deux mois sur environ 10% des couches)
  • Des fuites à l’entrejambe : notre bébé avait des cuisses de poulet, les élastiques (même neufs) ne se plaquaient pas suffisamment. La solution : s’armer de patience, le changer régulièrement (2/3h)
  • Un petit temps d’adaptation sur le modèle : les TE2, aussi séduisant que semblait le principe, ne m’a pas paru pratique. Les langes noués étaient tellement imposants qu’ils ne fonctionnaient que comme solution de nuit (cachons ce bébé à gros popotin !)
  • Odeur : après stockage d’une couche sale pendant 48h, j’ai eu une odeur d’ammoniac (vous savez, celle qui pique le nez) une fois sur une seule couche. Solution : de peur, j’ai décrassé l’ensemble de mes couches… inutilement, car il faisait simplement ses dents

J’ai toujours suivi les consignes de stockage et lavage de la Fluff Love University. Un an après, mes couches sont toujours immaculées, aucune tâche. J’ai décrassé deux fois : une première fois (comme cité au-dessus) et une seconde fois quand j’avais des tâches dues à la prise de médicaments.

Au bout d’un an : on a notre rythme ET TOUT VA BIEN

Au bout d’un an de couches lavables, notre grand bonhomme va très bien. Il a survécu et nous aussi.

Nous ne sommes pas devenus intégristes : nous utilisons des couches lavables, nous aimons notre stock de couches lavables, nous pouvons conseiller nos proches et nos moins proches (coucou les amis twittos et Facebook !) pour bien utiliser leurs couches.

Mais nous utilisons parfois des couches jetables : certaines nuits, quand il est malade, quand nous partons en week-end ou en vacances.

Notre fils a adopté le pot à ses neuf mois : lorsqu’il a commencé à s’asseoir, nous avons acheté un pot et lui avons proposé. Trois jours après, c’était adopté. Nous avons toujours continué à lui mettre des couches, non seulement parce qu’il n’est pas propre, mais aussi parce que nous ne lui imposons pas son utilisation. C’est simplement une nouvelle expérience qui lui est permise, quand il le souhaite et comme il le souhaite. Je ne me risquerais pas à associer couches lavables et continence précoce, puisque aucune étude ne le prouve à ce jour, que beaucoup de parents ne proposent plus le pot avant l’âge de deux ans, et que notre expérience n’est pas universelle.

Je ne décrasse pas mes couches : en utilisant les consignes de lavage de la Fluff Love University, je n’ai jamais de souci ou de signal d’alarme (fesses rouges, odeurs suspectes, tâches…). Mes couches sont toujours blanches, immaculées, et ne sentent rien (mouillées ou sèches). Le stockage se fait à l’air libre dans sa propre chambre, et son espace n’est pas devenu un site nucléaire.

Mon lave-linge n’a pas explosé : nous avons démonté une fois notre lave-linge car une épingle à cheveux s’était coincée dans la pompe, bloquant toute la machine. La machine à laver était complètement propre, jusque dans ses petits recoins. La totalité de notre linge sent tout aussi bon. Contrairement aux expériences que nous avons pu avoir avec la lessive maison au savon de Marseille, qui avait bloqué les canalisations de notre machine à laver.

Conclusion

Mon expérience des couches lavables m’a montré que oui, c’était possible de tourner avec des couches lavables, de ne jamais courir au supermarché pour se fournir d’une centaine de couches jetables qui s’écoulent en quinze jours. C’était possible d’associer vie entrepreneuriale, vie de famille, cuisiner maison et jeter ses couches sales dans sa machine à laver sans mettre les mains dans le caca. Qu’on pouvait avoir des jetables dans son placard sans être foudroyé par le dieu des couches lavables. Qu’on pouvait habiller un enfant et qu’il ait une motricité libérée même en montgolfière du popotin.

Que beaucoup de « on dit » ne sont finalement pas si justifiés.

Et vous, votre expérience des couches lavables ?

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